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Dossier prise de son batterie

home studio




DOSSIER 1
LE PLACEMENT DES MICROS

Préambule :

Ce petit dossier a pour but de partager mon expérience, et d’aider le home studiste et/ou le batteur en quête de réponses à certaines de ses questions,mon recul relatif sur le sujet pourra apporter des éléments dès fois difficiles à trouver sur internet en un seul document.
N’étant ni ingénieur son, ni même dans le métier, les points de vue donnés ici ne sont que fondés sur mon expérience, mes recherches et essais, mes diverses lectures ou abonnement à des forums audio…Pour la partie théorie pure je me tourne aussi vers des spécialistes pour m’éclairer car j’avoue ne pas être au top dans ce domaine ! voir ici : http://www.ziggysono.com
j’espère quand même ne pas énoncer des inepties dans ces lignes …

Bien que des pratiques/règles soient établies, il reste possible d’expérimenter des techniques surtout dans un environnement home studio ou studio … en live, le temps à consacrer aux réglages restant souvent faible contraint beaucoup de sonorisateurs à se conformer aux règles, aux mises en place simples, et ayant fait leur preuves !
Ici je vous parle de positionnements que j’ai expérimentés et qui offrent une des façons d’aboutir à un son global recherché.

La technique que j’emploi est le « close miking » ou prise de proximité, autrement dit : chaque fut de la batterie est repris par un micro spécifique (sonorités de l’instrument = guide les caractéristiques du micro à choisir).
Une autre approche (jazz principalement) est de limiter la prise à 2 micros d’ambiance + éventuellement un appoint grosse caisse et/ou caisse claire, ce qui rendra une prise de son très naturelle et aérée hors des standards actuels pop/rock.

Mon but dans la prise de son de mon instrument est de rendre l’acoustique à l’acoustique ! bien sûr suivant les styles enregistrés le mixage fera quasi tout sur le rendu final (en bien ou en mal), mais une bonne prise fidèle à l’instrument reste mon objectif premier, car on ne peut obtenir du bon avec du mauvais (en tout cas dans ce domaine !).

Voyons donc après ce bla bla de quoi il en retourne pour des positions possibles…


Les Over heads (micros au dessus de la batterie)
Mes micros (Oktava MK012 msp2) permettent d’avoir l’instrument dans son ensemble :
cymbales et fûts (et pas que cymbales !)
l’image spatiale des éléments constituant la batterie (en stéréo)

la figure ci-dessous montre mon placement en vue de dessus :


Vous remarquez que l’axe orthogonal n’apparaît pas « parallèle » (axe charley/tom bass 14) : de cette façon la séparation D/G des toms est mieux répartie, mais le charley est moins axé donc moins présent (compensé par l’appoint), le micro de droite prend mieux l’équilibre tom14 et tom16. L’image stéréo est plus équilibrée qu’une orientation parallèle pour ma configuration d’instrument. Notez que la grosse caisse reste relativement bien au centre de l’image contrairement à la caisse claire qui se trouve légèrement hors axe, ; tout est question ici de trouver le bon compromis… : les micros d’appoints recentreront sensiblement ce déséquilibre dans l’image stéréo car le standard veut que caisse claire et kick soient centrés dans un mixage. Eventuellement je joue aussi avec le micro de dessous de la caisse claire avec un Pann le pannant un peu à droite (5 à 10%).

4 positions et réglages des plus utilisées pour un couple :
Couple AB (2 micros omnidirectionnels ou cardioïdes) placés parallèlement leur axe vertical, espacés de 40cm à plus suivant la largeur à capturer.
ORTF (2 micros cardioïdes) placés à 17cm (capsules) formant 110° d’angle sortant.
NOS (2 micros cardioïdes) placés à 30cm (capsules) formant 90° d’angle sortant.
XY (2micros cardioïdes) placés à 0cm (capsules coïncidentes) formant 90° d’angle rentrant.


Mes commentaires en quelques points:
1.Le couple AB augmente l’image stéréo mais la compatibilité mono n’est pas bonne (perte de fréquences donc de timbres lors d’écoutes mono). Stéréo un peu artificielle, moins de prise de la sonorité de la pièce, cymbales très présentes.
2.le XY est compatible mono (le meilleur) mais point faible sur la spatialisation (image étriquée de la stéréo) qui ne cadre pas trop avec beaucoup de musiques actuelle (variété/pop/rock).
3.ORTF pour moi le meilleur compromis en prise batterie dans la liste.
4.NOS augmente l’image stéréo et reste un bon équilibre compatibilité mono/image spatiale, leger « trou » au centre de l’image stéréo (où se trouve principalement CCet Kick).
A savoir
que dans un mix on peut très bien réduire une image stéréo trop large en ne panant pas D/G à fond…
il reste possible d’expérimenter des écartements et angles différents, prendre le temps d’écouter/comparer.
Bien vérifier les compatibilités mono (dephasages).
La hauteur et angle jouent une très grande importance :
Plus bas = toms et cymbales plus présentes/acoustique pièce ou local moins présente/image stéréo accentuée.
Plus haut = toms moins présents/acoustique pièce plus révélée, image stéréo amoindrie.
Ma hauteur définie est de l’ordre de 1.7m / sol, mes cymbales et toms étant assez bas.

les toms
j’utilise des OPUS 87 cardioïde de Beyerdynamic qui se fixent sur le cerclage des 4 fûts. Ils sont dirigés vers la peau de frappe près du cercle (3cm) à environ 5-6cmde la peau de frappe pour les toms altos/medium et 8-10cm pour les 2 toms bass, de façon à aérer la prise pour un rendu plus naturel et récupération de fréquences graves.
Dans la mesure du possible, ne pas les placer sous des cymbales ou trop près d’autres sources sonores (cloche, autre fût,…). La raison est qu’un micro cardioïde prend aussi du son par l’arrière de la capsule dont les sons captés venant de derrière sont très mal restitués dans leur fréquences propres… donc déformés…Le but étant aussi d’isoler au maximum la « repisse » du fût à proximité, ceci améliorera le mix et l’indépendance des réglages (volume, pan, équalisation).
J’utilise des noise gate (portes de bruit) afin de mieux isoler les fûts entre eux mais là ce n’est pas le sujet…

Le charley
J’utilise un SC100 II t.bone (capsule cardioïde à condensateur).
Il pointe vers 3cm du bord extérieur de la cymbale du dessus à une hauteur de 10cm minimum, orienté vers le batteur. D’autres positions conviennent aussi (perpendiculaire au batteur par ex), le tout est de ne pas pointer la cloche (trop de graves) et pas directement l’impact baguette (de toute façon cela gênerai le batteur !).

La Grosse caisse
J’utilise un seul micro : le D112 AKG, il est placé à l’intérieur du fût par le trou de 4 pouces réalisé dans la peau de timbre : placé à 8cm/10cm de la peau de frappe et décentré de la batte à 8cm vers le bord intérieur. De cette façon j’obtiens l’attaque et la rondeur requis pour ce micro. Attention car ce micro ce place spécifiquement contrairement à un B52 par exemple, il a été conçu pour reprendre des sons arrières d’où sa forme d’œuf !


La caisse claire
Alors là j’utilise 2 micros dynamiques : le sm 57 dessous et le béta 57a dessus…ou l’inverse !! 
Le béta57 restitue mieux les bas mediums parfois recherchés sur des caisses profondes typées rock (mon cas sur ma Gretsch 14x6.5), le Sm57 étant plus passe partout convient souvent aussi à n’importe quelle configuration de caisse, cela reste un choix personnel le béta57…
Le but recherché pour ces micros  :
attaque/présence pour le micro haut
la brillance pour le micro du bas
micro du haut :
suivant l’angle choisi on interviendra en + ou en – sur les harmoniques (sons tournants) et l’attaque (impact de frappe).
30/40° semble passer un peu partout, si je veux un son plus funky ce sera 45° et rapproché du cercle…


Voici un schéma explicatif

Micro du bas :
Reprend la brillance (haut du spectre) de la caisse claire que ne peut donner seul le micro du haut. En effet si un seul micro reprend la caisse, on aura tendance à booster les 8-10 Khz exagérément en reprenant du coup pas mal la charley toute proche et de plus la peau de frappe seule ne se caractérise pas dans ces fréquences hautes mais plus vers les 200-300 hz, et 1.5Khz. Donc le micro du dessous remplira le rôle de redonner la brillance.
Il ne doit pas par contre pointer le timbre de caisse claire (spirales acier) car il refera sortir le côté « ferraille » et pas toujours flatteur des brins, mais positionné verticalement à la peau de résonance placé entre le cercle et le timbre (3 cm du cerclage).
ATTENTION particulière à la prise (ou mix) au déphasage ! Inverser la phase de ce micro !



Micro de pièce (Room mic)
Souvent (prises actuelles) on place dans la pièce (3m ou plus suivant la pièce et rendu souhaité), un micro type statique large membrane (majorité des cas) qui sera chargé de révéler l’acoustique de la pièce mais aussi une vue d’ensemble de la batterie, ce qui ajoutera un relief à la prise, un peu comme « si on y était »…


Recommandations/conclusions

Ce petit dossier a porté sur le placement, maintenant à chacun d’expérimenter / recadrer ces pistes de choix afin de trouver le son recherché et propre à chacun, à son instrument…
Prendre en compte la spécificité de l’instrument, du style musical, du batteur, de la pièce avant tout placement me parait essentiel à une bonne prise de son.
Il ne faut pas hésiter à écouter et re-écouter…pencher son oreille vers tel tom ou autre élément pour y déceler une fréquence gênante avant la prise…de ce fait une intervention sur un tirant, un bout de scotch peut arranger des choses !
On pourra jouer aussi sur le réglage de tension des fûts (une batterie bien réglée c’est mieux !).

  • A ce propos faites le tour en tapant partout pour dénicher une quelconque vibration ou bruits extérieurs :fûts ou parties métalliques qui se touchent de temps en temps…
  • visseries mal serrées (notamment les cymbales), isoler d’ailleurs avec une gaine l’embout vis du support de cymbale ce qui évitera des contacts directs cymbale/support.
  • éléments extérieurs dans la pièce rentrant en vibration par sympathie (souvent !) par exemple votre autre belle caisse claire posée sur une belle étagère…
  • le siège qui grince ! (souvent le cas…)
  • le casque de mauvaise qualité d’isolation qui, dans les silences, laisse passer la musique playback ou les autres instrus…
  • le PC qui reste allumé dans la pièce (ventilos, disques durs…)
  • et aussi les voisins qui passent la tondeuse pendant un enregistrement !! (leur donner des tranches horaires…non hein ?!)


Ensuite après la prise il s’agira de mixer , equaliser, traiter l’ensemble afin de « tailler » le son voulu et escompté…tout un sujet !
En attendant vous avez de quoi faire…

Bonnes prises !

Manu
02/2010

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